Après la BCE une semaine plus tôt, les 3 mêmes isards se sont donnés rendez-vous à St Lary Soulan pour affronter les cols pyrénéens au programme de la Pyrénéenne.
Photo des 3 isards (de gauche à droite) Fred C., Christian, Laurent, accompagnés sur la droite par un collègue de Fred (un futur isard?)

CR de Laurent:
Voici la gazette cyclosportive des isards en vadrouille.
Tout juste remis d’une BCE 2011 caniculaire qui aura marqué les esprits de tous, les 3 isards (Christian, Fred C et Laurent) étaient toujours affamés et ont enfourché leur monture pour gravir les cols au menu de l’édition 2011 de la Pyrénéenne, au départ de Saint Lary Soulan.
Christian et Laurent ont choisi le menu adulte avec en entrée « la Hourquette d’Ancizan », en plat principal « le Tourmalet », en fromage « la Côte de Loucrupt » et en dessert « le col d’Aspin ».
L’addition calorique est salée: 170kms et 3660m de d+.

Fred C, craignant l’indigestion, a opté pour le menu enfant qui propose tout de même en plat principal « la Hourquette d’Ancizan », en dessert le « col d’Aspin » puis un chapelet de côtes pour parachever le repas: 105kms et 2250m de d+.

7h45, le temps est menaçant, les premières gouttes tombent. Nous attendons impatiemment le départ du grand parcours et prions pour ne pas subir une pluie qui serait terrible dans le Tourmalet.
8h: c’est parti pour Christian et Laurent! A peine le temps de s’échauffer que nous attaquons La Hourquette d’Ancizan. Un beau morceau de 10kms à 8% de pente moyenne. A froid, les cuisses sont très dures pour ma part et j’ai du mal à entraîner du braquet. Je me résouds à mouliner et saute dans la roue d’un british (maillot d’un club du Comté d’Essex). Il monte à bon train tout en étant régulier. C’est tip top et nous doublons un paquet de cyclistes. A l’exception de passages gravilloneux, la route est très agréable et serpente régulièrement.
Au fil des kms, je peux tomber 2/3 pignons et trouve le rendement vélocité/développemnt qui convient. Encore qques hectomètres et je rattrape un camarade de route de la BCE -gros rouleur-, et 2 autres cyclistes affutés. Cela tombe bien, le sujet de sa majesté a grillé ses cartouches et ne semble plus pouvoir mener la danse. Les autres prennent le relais à un rythme qui je tiens sans me mettre dans le rouge.
Au moment de basculer, des signaleurs nous avertissent de la présence de gravillon et d’un virage dangereux…le fameux virage dont nous devrions ériger une stèle en la gloire de Fred C qui, par le passé, a connu l’ivresse du « tout droit »
. Et il faut le dire, il est serré ce virage! Sinon, tout au long de la descente, ce n’est que ravissement pour les yeux. Je découvre des paysages inédits et me dit qu’il faut revenir avec des amis passer du bon temps, tranquille, sans vélo.
Nous passons Sainte Marie de Campan et son ravito sans nous arrêter et attaquons les premiers contre-forts du Tourmalet. L’aventure commence tranquillement avec des longs faux-plats puis le bitume se redresse avec très peu de passage permettant de se relâcher…vous connaissez donc je fais bref. J’ai du mal à évaluer combien de participants sont devant. La seule info que je peux glaner est l’écart avec le groupe de tête: environ 3min30. Je gère la montée tranquillement, distance mes compagnons de route et double une dizaine de cyclistes dont un handisport (1 seul bras): chapeau bas!!! Encore quelques mètres pour atteindre le col, la foule m’ovationne, un spectateur me pousse sur 3 ou 4 mètres. Non, je blague pour la foule, mais je dis vrai pour la grosse poussette!
Au sommet, je m’arrête pour recharger un bidon: non pas seulement pour boire mais pour me lester dans la descente LOL! Au passage on me prévient d’une route dangereuse. Euphémisme: outre 2 ou 3 virages serrés, la première partie de la descente est humide et parcemée de caillou. Christian pourra confirmer. Vigilance, la route est encore longue. Pour ajouter un peu de piquant, un troupeau de moutons traverse la route et je dois quasiment m’arrêter… Une fois l’immense aire de stationnement dépassée (lieu de ravito à l’edt 2010), la pente est un tobogan non-stop.
En bas, je me retrouve esseulé…c’est toujours le même problème: je double plein de monde en montée mais si je ne peux pas rejoindre un gros groupe avant le bas de la descente de l’autre côté et si il y a une grosse portion de plat à suivre, je suis souvent condamné à me laisse rejoindre afin de garder des forces pour le restant de la cyclo. Un groupe de 6 se forme. Mon compère de la BCE ainsi que le cycliste handisport nous entraînent sur un rythme effreiné sur le plat et les faux-plats descendants. Nous filons vite, très vite. Les jambes brûlent un (tout petit) peu et les enfilades dans les virages descendants sont limites dangeureuses. Le mec avec un bras en moins est une véritable funambule du vélo. Impressionnant! Un gars d’Auch et moi râlons un peu en prétextant que la route est encore longue, très longue. Ceci dit, nous relayons tout de même mais avec parcimonie car il reste 90-80kms dont une grosse côte et un col. Nous gagnons ainsi Lourdes, puis virons à droite.
Changement de direction, changement de profil: nous rencontrerons des faux-plats montants jusqu’à Sainte Marie de Campan avec en point d’orgue la côté de Loucrupt. Il commence à faire chaud. A ce moment, le coureur handisport a un gros coup de moins bien. A l’exception de ce dernier et d’un Lourdais, le groupe tourne relativement bien. Après la côte de Loucrupt et jusqu’au ravito de Sainte-Marie de Campan, il n’y a plus que 2 coureurs capable d’emmener le groupe…dans le mille…les 2 râleurs: le gars de Auch et moi.
Dès les premiers mètres de l’Aspin, le groupe pète comme un sachet de pop-corn. Je pars seul. J’appuie un peu plus sur les pédales en sachant qu’il n’y a que 10kms environ entre le bas de l’Aspin et l’arrivée (ie. je peu finir seul). Je double à peu près 3 ou 4 coureurs. Au sommet, je suis doublé par une fusée au maillot jaune. Un gars de l’organisation m’annonce que je suis 27ème. Yes!!! C’est pas mal. J’entame donc la descente le feu aux fesses pour préserver ma place, bien aidé en cela par la fusée jaune qui trace la route. A 500 mètre environ du pied de la descente, pshhhhhhhhhh flok flok flok flok flok … « mer*£@°&!!! »
Comme je ne suis pas du genre à baisser les bras (cf. les 2 chutes d’avant), je gueule un bon coup et me remémore mes entraînements VTT « réparation crevaison » d’une époque fort lointaine.
J’entends quelques coureurs passer fshouuu fshouuu fshouuu… Au final, je n’ai pas trop perdu en efficacité et répare rapidement. Je finis les 10 derniers kms au plus vite en évitant les nid de poule (il manquait encore qques coup de pompes…heureusement que je suis léger). A 500m de la fin, je suis rattrapé par 2 coureurs de mon ancien groupe que j’avais largués dans l’Aspin. Je fais le (petit) sprint sous les encouragements de Fred C, je les double et termine au scratch 34ème en 6h04min soit une moyenne de 28.6km/h (à 38 minutes du premier). C’est pas mal (le niveau était parait-il assez relevé) mais la crevaison dans le final me fait perdre 7 places: un peu dégouté. Toutefois, l’aspect positif est la bonne gestion de la course: toujours du jus pour appuyer sur les pédales, pas de crampes, un final très correct.
Sinon, je disais que j’arrivais sous les encouragements de Fred C. En effet celui-ci était en train de récupérer de ses efforts, une bière à la main, sur une terrasse au bord de la ligne. A peine avais-je rangé mon vélo, que nous nous atablions à nouveau pour une bière. Fred:2, Laurent:1. En fin de dégustation de houblon, Christian arrivait à son tour: à moi de l’acclamer! Juste avant de quitter Saint Lary, il fallait bien trinquer un coup tous les trois avec une bonne bière. Je suis raisonnable et opte pour un café mais Fred n’a peur de rien. Fred : 3, Christian 1, Moi: 1. (Fred, j’en ai pas oublié
)
Les chiffres:
170kms :
Laurent 34ème 6h04’19 » 28,656 km/h
Christian 233ème 7h29’34 » 23,222 km/h
403 arrivants
105kms :
Fred C. 100ème 4h19’58 » ‘ 23,772 km/h
457 arrivants
a+
Laurent